L’épidémie de virus Ebola dans la province de l’Équateur en République démocratique du Congo (RDC) continue de se propager avec une vitesse incroyable. Cette situation suscite une profonde inquiétude alors que le pays fait face à trois épidémies simultanément. Il s’agit de la rougeole, de la Covid19 et de la fameuse Ebola. 

Déclarée le 1er juin 2020 après qu’un groupe de cas ait été détecté dans la région de Mbandaka, dans la province de l’Équateur, les cas actuellement  confirmés ont maintenant dépassé le nombre total de 56 cas enregistrés lors de l’épidémie précédente en 2018 qui touchait la ville de Mbandaka et ses environs. Avec 56 cas enregistrés, six zones de santé touchées, l’État congolais craint que la chaine de propagation continue son bon chemin.

Sur les 56 cas signalés à ce jour, 53 sont confirmés et trois sont probables. Seulement au cours des trois dernières semaines, 28 cas ont été confirmés.

Selon la Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique Dr Matshidiso Moeti,

« La réponse à Ebola en pleine pandémie de COVID-19 est complexe, mais nous ne devons pas laisser la COVID-19 nous distraire de la lutte contre d’autres menaces sanitaires urgentes ».

 L’actuelle flambée d’Ebola se heurte à des vents contraires car les cas sont dispersés dans des zones reculées situées dans des forêts tropicales denses. Cela rend la riposte coûteuse, car il est extrêmement difficile de faire parvenir les intervenants et le matériel aux populations touchées.

La réponse actuelle à Ebola est également confrontée à un manque de financement. Jusqu’à présent, l’OMS n’a mobilisé 1,75 million de dollars US, qui ne dureront que quelques semaines de plus. L’apport du gouvernement congolais dans cette riposte demeure encore opaque alors qu’un soutien supplémentaire est nécessaire pour intensifier rapidement les efforts de terrain.

Hormis ces difficultés, faudra signaler que des progrès importants ont été réalisés depuis le début de l’épidémie. En six semaines, plus de 12 000 personnes ont été vaccinées. Lors de l’épidémie de 2018 en Équateur, il a fallu deux semaines pour commencer les vaccinations. Cette fois-ci, les vaccinations ont commencé dans les quatre jours qui ont suivi la déclaration de l’épidémie.

Après avoir connu plusieurs épidémies similaires, la Rdc se forge une expérience solide et riposte contre l’actuelle épidémie en s’appuyant sur les enseignements tirés des précédentes épidémies d’Ebola dans le pays, qui ont souligné l’importance de travailler en étroite collaboration avec les communautés. Environ 90 % des vaccinateurs de l’épidémie actuelle sont issus des communautés locales.

Rédaction

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